en style télégraphique
1. vers 1700 Bartolomeo Cristofori, facteur de clavecins à la cour de Florence, invente un instrument à clavier capable de jouer les nuances douces et fortes, cet instrumentt est décrit avec enthousiame par S.Maffei. En 1725 soit bien après, son compte-rendu, accompagné d'un dessin de mécanique exécuté de mémoire est publié en Allemagne et impressionne le facteur d'orgue G.Silbermann qui décide de s'y essayer
2. en 1727 G. Silbermann présente ses productions à J-S Bach qui est plus que critique : lourdeur du clavier, faiblesse des aigus !

Il ne se décourage pas puique que presque 20 ans plus tard il enthousiasme Frédéric II qui lui achète 15 pianofortes. J-S Bach lui-même revient sur son opinion

3. la guerre de 7 ans décime l'Europe : la plupart des élèves de Silbermann quittent le continent : ils s'installent en Angleterre et créent ce qu'on appellera la facture anglaise de piano. Celle-ci dérive donc directement des travaux de Silbermann, lui-même s'étant inspiré de Cristofori.
4. restée orpheline sur le continent, la facture de piano renaît en pays germanique grâce à Johann-Andréas Stein, facteur de clavecins à Augsbourg, à qui l'on attribue l'invention vers 1770 de la Prellzugenmechanik, plus simplement appelée mécanique allemande et plus tard viennoise. Ses principes sont très éloignés des inventions de Cristofori ... en fait presque rien ne les relie ! Les instruments de Stein seront très appréciés de Mozart. Le piano viennois sera l'instrument de prédilection des grands " classiques " jusques et y compris Schubert.
5. l'agrandissement des salles de concert, la demande pour des pianos de plus en plus sonores et puissants, favorise le développement de la mécanique anglaise qu'une série d'innovations vient rendre encore plus attrayante : double échappement par Sébastien Erard dès 1822 notamment. Le piano viennois est incapable de s'adapter : l'alourdissement des marteaux lui sera fatal, il y perd son âme et plutôt que rond et puissant il devient lent et pesant. Dès 1850 la messe est dite ! même s'il subsistera jusqu'à la fin du XIX°siècle, les grands pianistes y ont depuis longtemps renoncé.
6. le XX°siècle voit l'avènement de techniques industrielles et commerciales auxquelles les vieilles firmes comme Broadwood en Angleterre ou Erard en France ne s'adaptent pas. Attachées à leur savoir-faire presque artisanal, elles sombrent devant les attitudes beaucoup plus agressives de firmes comme Steinway. Reste à définir si ce passage à l'ère industrielle signifie aussi un progrès dans la qualité des instruments ... on se demande aujourd'hui si les firmes japonaises ne sont pas en train de nous rejouer la même pièce à leur avantage ...

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